tongs rouges et pois blancs plantés dans la plage

Déconnecter pendant les vacances quand on est entrepreneure : pourquoi c’est si dur ?

06 Août 2026 | Daronne en PLS, Entrepreneur

Entrepreneur : comment lâcher prise en vacances quand le cerveau ne s’arrête jamais ?

C’est le troisième jour de vacances. T’es dans un transat, le téléphone posé face contre table, les yeux fermés. Physiquement, t’es là. Mais dans ta tête, tu es en train de rédiger le mail que t’as pas envoyé avant de partir, de recalculer ton prévisionnel de septembre, de te demander si cette cliente que t’as pas relancée va te passer commande ou pas. T’es en vacances… Enfin physiquement t’es en maillot, mentalement t’es au boulot…

Enfait un entrepreneur en pause estivale c’est : le travail mais en tongs, lunettes de soleil avec vue à plus d’1m sur de la vraie nature.

On le vit tous, déconnecter pendant les vacances quand on est entrepeneur, c’est le défi le plus épuisant de l’été (et non pas le concours de pétanque avec tonton René….) Bref, la charge mentale ne prend pas de congés 😥

tongs rouges et pois blancs plantés dans la plage

Déconnecter ? S’arrêter de faire ? Même en vacances… impossible !

Et c’est pas faute d’essayer. T’as mis ton téléphone en mode « ne pas déranger » (lol). T’as prévenu tes clients. T’as même essayé la digital detox un matin. Et deux heures après, t’étais en train de consulter tes stats Instagram « juste pour voir ».

Le problème, c’est que personne t’a dit que déconnecter quand on est entrepreneur, c’est pas une question d’outil. Ou une règle bidon du type « pas d’écran avant 9h »

Le fond du sujet, il est dans ta tête. Dans cette petite voix qui tourne en boucle et qui surveille. Qui mesure. Qui note ce que t’as pas encore fait (#HorribleBoss)

 

T’es comme Néo dans Matrix

Keanu Reeves qui agite la main film matrix

A mi chemin entre le monde réel (celui qui t’entoure) et le vortex de ton taf.

Il y a un mot pour décrire ce qui se passe dans ta tête quand tu essaies de te reposer sans vraiment y arriver. Les psychologues appellent ça des “ruminations non-constructives”.

C’est pas la réflexion utile du type « j’ai eu une bonne idée sous la douche ». C’est la boucle du « j’aurais dû finir ce devis avant de partir », « j’ai oublié de relancer ce client », « le mois de septembre va encore être chargé, est-ce que j’ai pensé à… ». Ça tourne en boucle. T’es comme un poisson rouge dans son bocal…

Et ça empêche la récupération réelle. 
Les psychologues du travail parlent de surcharge cognitive et de fatigue mentale : le cerveau ne fait pas la différence entre un mail professionnel imaginaire et un vrai. Il consomme autant d’énergie dans les deux cas.

La pause physique, sans la pause mentale, ne ressource pas. Ton corps se repose. Ton cerveau, lui, continue de consommer de l’énergie au même rythme. Et tu reviens de « vacances » toujours épuisée (ET frustrée)

femme au travail avec une bouée désespérée

 J’avais parlé de ce mécanisme d’une autre façon dans cet article sur le trop-plein qui déborde : quand on est saturée, on continue à remplir les espaces vides au lieu de les laisser vides. C’est la même logique, appliquée au repos.

« Quand j’aurai fini » ou cette belle intention qui n’arrivera jamais

Il y a une auto-injonction très classique chez les entrepreneures. Elle ressemble à ça : « Je peux me reposer quand j’aurai fini. »

Le problème, c’est que « quand j’aurai fini » n’arrive jamais. Parce qu’une boîte, ça ne se finit pas. Il y a toujours un truc de plus. Un client à relancer, une offre à affiner, un contenu à publier, une déclaration à faire. La liste est infinie. Et donc la permission de s’arrêter, elle ne vient jamais non plus.

Parce que la réalité qu’on s’inflige c’est que notre récompense pour un travail bien fait, c’est plus de travail ! Et finalement ce qui nous permet d’atteindre un certain niveau entrepreunarial, finit par nous jouer des tours.

Autrement dit : les mêmes ressorts qui t’ont permis de lancer, de tenir, de construire, ce sont ces mêmes ressorts qui t’empêchent de t’arrêter. La vigilance, l’exigence, la productivité. Des qualités qui deviennent des prisons si elles ne sont pas cadrées.

Le lâcher prise ne s’improvise pas. Prendre du recul, pour un entrepreneur, ça s’apprend et ça se choisit, consciemment.

J’en avais parlé dans cet article de bilan : certaines règles qu’on porte depuis longtemps finissent par peser plus lourd que n’importe quelle charge de travail. Et pourtant, on ne les discute plus. Elles font partie du paysage.

Entrepeneure dynamique qui pense a tout charge mentale

Te juger ? Toi ? Jamais…

Sous l’auto-injonction « je me repose quand j’ai fini », il y en a souvent une autre, plus enfouie : « je mérite de me reposer seulement si j’ai tout accompli. Parfaitement (évidémment) »

C’est une forme de perfectionnisme. Pas celui qui se voit, celui qui fait refaire une présentation dix fois. Celui qui est discret, intérieur, et qui conditionne l’estime de soi à la performance. Si j’ai bien travaillé, je mérite une pause. Si j’ai pas fini, je mérite quoi ? Pas grand-chose.

Et donc la pause devient une récompense à gagner. Jamais un droit. Jamais un besoin légitime.

Ce mécanisme, c’est pas un défaut de caractère. C’est un schéma qui s’est construit, souvent bien avant l’entreprise, dans une logique de « je vaux ce que je produis ». Et cette logique, elle ne lâche pas facilement. Même en août. Même dans un transat.

Choisir la pause suppose de croire qu’on la mérite sans condition.
Je te laisse relire cette phrase. Et la digérer.

La pause, pas “si”, pas “plus tard” juste parce que “je suis fatiguée, j’ai besoin de repos” et c’est suffisant.

Et c’est là où ça coince. Parce que « suffisant » est un mot qui ne vient pas naturellement quand on a une identité bâtie sur l’effort.

Alors, t’en es où avec ta pause ?

Cette question fait appel à ton honnêteté.

Est-ce que t’arrives à t’arrêter vraiment, ou tu t’arrêtes juste physiquement ?

Est-ce que tu te donnes la permission de souffler, ou tu attends une bonne raison externe (la maladie, une coupure de réseau, une panne d’ordinateur) pour enfin souffler ?

Parce que si t’attends d’être forcée à t’arrêter plutôt que de choisir de t’arrêter, c’est bien une question de permission intérieure, pas d’agenda.

Les études montrent que 4 vrais jours de coupure toutes les 6 semaines
réduisent de 40 % la probabilité de faire un burn-out

(Adrien Chignard, psychologue du travail).

Au début de mon entrepreunariat, une âme sage m’a rappelé ce proverbe : “Qui veut voyager loin ménage sa monture”. En tant qu’entrepeneure, nous sommes notre propre cheval. Alors pour performer sur la durée et pouvoir compter sur soi-même ce rapport à la performance et au repos est crucial. Si tu sens que c’est quelque chose qui te parle un accompagnement professionnel ancré dans le corps et les automatismes peut aider à dénouer ce qui se répète.

Lucky Luke sur son cheval

P.S. Si t’arrives à poser ton téléphone mais que t’arrives pas à poser ta tête, sache que le repos est un droit, pas une récompense. Alors enjoy ta déconnexion de l’été !

Articles récents

2024 : Ce que je laisse derrière moi pour avancer plus légère

2024 : Ce que je laisse derrière moi pour avancer plus légère

La nouvelle année, c’est souvent le moment de faire des grandes listes de résolutions (qu’on oublie dès février, avouons-le 🙈). Mais cette fois, j’ai envie d’aborder les choses différemment. Pas de to-dos, pas de pression. Juste une question : qu’est-ce que je peux...